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CRÉATION DE LA SMLH



Cette association est née en 1921 d'une initiative du Grand Chancelier, le Général DUBAIL, pour soutenir financièrement des légionnaires se trouvant dans le besoin voire dans le dénuement. Certes, la dimension sociale de l'institution n'avait pas été négligée par le fondateur de la Légion d'Honneur. Elle constituait même une des faces de l'organisation territoriale conçue par le décret impérial du 23 messidor an XII (12juillet 1804).

Seize " Cohortes " réunissaient les légionnaires d'un certain nombre de départements. Chacune avait reçu une dotation territoriale dont les revenus devaient permettre de secourir les légionnaires dans le besoin et même de les héberger.

Les faits démentirent la louable intention. Les biens étaient disparates, leur gestion difficile fut onéreuse, les Cohortes cessèrent définitivement dès 1809 de jouer ce rôle et furent dissoutes en 1814.

Les traitements de la Légion d'Honneur, souvent réglés en retard à la fin de l'Empire et dans les années suivantes, le furent régulièrement à partir de 1820. Leur taux annuel fut alors fixé à 250 francs pour un chevalier, 1000 francs pour un officier, 2000 pour un commandeur, 5000 francs pour un grand officier et Grand'Croix. A l'époque, le seul traitement d'officier permettait de vivre confortablement sans autre ressource comme le conte Honoré de Balzac dans l'un de ses romans. Ces taux n'ont jamais été réévalués.

La stabilité monétaire et l'enrichissement de la France firent que, tout au long du XIX siècle, le problème de secours aux légionnaires ne se posa pas, du moins sur le plan national. Seules les initiatives locales furent nécessaires. Cela tint aussi à l'évolution de la population légionnaire. Les civils étaient de plus en plus nombreux et, parmi eux, une grande majorité de notables. Parmi les militaires, les officiers constituaient une majorité croissante en ces longues périodes de paix, plus encore après la création de la Médaille militaire (1852) au profit des sous-officiers. Cela jusqu'à la Grande Guerre qui renversa ce bel édifice.

Dans le terrible affrontement, combien de simples soldats se révélèrent, non seulement par des actes individuels de courage, mais encore en suppléant souvent la tragique disparition de leurs officiers et sous-officiers tués devant eux ! Après la Médaille militaire, ils avaient reçu la croix d'honneur et constituaient la grande masse des 75 000 légionnaires militaires recensés en 1923 contre 30 000 en 1914.

Pour des raisons diverses, un certain nombre d'entre eux tombèrent dans la misère et le budget modeste de la grande chancellerie ne pouvait pas leur accorder un secours à la mesure de leurs besoins. Or, un fonctionnaire de la Grande Chancellerie, Jules Renault, mobilisé comme officier d'infanterie, juriste et imaginatif, avait réfléchi au problème et proposa dès septembre 1920 au Grand Chancelier de rétablir la cohésion primitive entre les membres de l'ordre en constituant une association faisant appel à leur solidarité. Il n'eut pas de mal à convaincre le Général Dubail, ancien commandant d'armée, maintenant en charge de la grande chancellerie. Ce dernier prit l'affaire en mains, s'entoura de conseils d'un haut niveau et aboutit rapidement.

Un an plus tard, le 26 septembre 1921, les statuts de la Société de la Légion d'Honneur étaient approuvés par le Président de la République, Alexandre Millerand, qui acceptait d'en être le président d'honneur, tandis que le premier président était élu en la personne du recteur Appel. Le 27 mars 1922, elle était reconnue d'utilité publique sous la seule réserve de deux modifications affectant :

Ses relations avec la grande chancellerie qui ne la tint plus sous sa direction et son contrôle effectif mais sous son haut patronage.

Son titre qui, jugé trop général et imprécis par le Conseil d'Etat, devint Société d'entraide des membres de la Légion d'Honneur.

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